Patrimoine industriel

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Histoire industrielle du Val d'Aubois
Sites industriels anciens
Pays d'art et d'histoire
Projet de développement local

 

Syndicat mixte du
Pays Loire Val d’Aubois
3 Place de la Mairie
18150 GERMIGNY-L’EXEMPT

Tél. : 02 48 74 23 93
Fax : 02 48 74 03 89

Accueils touristiques du Pays Loire Val d’Aubois
Beffes
Site de Chabrolles, route de Chabrolles, 18320 Beffes
Tel : 02 48 76 57 32
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La Guerche sur l’Aubois
1 place Auguste Fournier, 18150 La Guerche sur l'Aubois
Tel : 02 48 74 25 60
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Sancoins
13, place du Commerce, 18600 Sancoins
Tel : 02 48 74 88 34
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Histoire industrielle du Val d'Aubois

 

Le Pays Loire Val d’Aubois est un pays d’eau et de bois où la sidérurgie traditionnelle, dépendante de l’énergie des cours d’eau et du charbon de bois a été parfaitement intégrée dans les sites favorables.

Bien qu’essentiellement agricole aujourd’hui, le Pays Loire Val d’Aubois n’en est pas moins l’héritier d’une tradition industrielle ancienne qui a démarré dès le Moyen Age et a connu son apogée au 19ème siècle.
Ce territoire, situé aux limites du Bassin parisien et du Massif Central, a connu une administration relevant avant tout du Nivernais. En effet, les départements voisins du Cher, l’Allier et la Nièvre, créés à la Révolution ont connu et partagé des développements industriels qui furent parfois solidaires : fusion de sociétés et organisation des transports (canaux et voies ferrées).
Par sa situation géographique entre les régions parisienne, lyonnaise et la Loire atlantique, le Pays Loire Val d’Aubois a créé également des relations avec le bassin stéphanois, comme avec l’estuaire nantais et les ports maritimes, sans oublier les étapes ligériennes.

Pour voir une vidéo relative à l'histoire et au patrimoine de l'industrie, cliquez sur le lien suivant :
Pays Loire Val d'Aubois: métallurgie, usines à... par PlanLoire" target="_blank">
(source : Etablissement Public Loire - Juin 2012 - durée : 4 minutes 09 secondes)

Pour voir les vidéos tournées par France 3 dans le cadre d'une série de mini-reportages consacrée aux paysages de la région Centre, suivez le lien suivant :
Le Val de Germigny, rural, industriel et navigable (source : France 3, Sylvain Hadelin, Jean-Christophe Chesnaie et Patrice Blot - Novembre 2013 - durée : 5 minutes 45 secondes)
Le Val d'Aubois, paysage contrasté et inattendu entre usines abandonnées et activités agricoles (source : France 3, Sylvain Hadelin, Maxime Vaillant et Marina Fillon - Février 2013 - durée : 5 minutes 13 secondes)
Beffes, paysage rural et industriel (source France 3, Sylvain Hadelin, Yves Le Bloa, Wilfrid Molon et François Belzeaux - Novembre 2014 - durée 4 minutes et 10 secondes)
Pour voir ou revoir les reportages consacrés au Pays Loire Val d'Aubois sur FR3 :

UNE VALLEE INDUSTRIELLE

Le développement précoce du Val d’Aubois fut favorisé par d’abondantes ressources minérales, forestières et hydrauliques.

La métallurgie du fer a tiré parti d’un riche minerai facile à exploiter, des cours d’eau et des grands bois appartenant à de puissants seigneurs. Au 12ème siècle, elle est d’abord présente sous sa forme directe qui transforme en une étape les hématites rougeâtres en fer métallique. Les moines cisterciens de l’abbaye de Fontmorigny s’appliquent à développer durablement cette activité.
La sidérurgie domine la vie de la vallée lorsque le procédé indirect qui passe par l’élaboration intermédiaire de la fonte, est adopté à partir de la fin du 14ème siècle (forge des seigneurs de Précy).
Aux 18ème et 19ème siècles, alors que les perfectionnements techniques permettent d’accroître la production, il faut limiter le déboisement pour éviter une pénurie de combustible à cette activité du feu. Une période d’organisation et d’épanouissement introduit de nouveaux mécanismes, l’ouverture des canaux et, à partir de 1824, la machine à vapeur avec la spécialisation de Torteron dans la fonderie à grande échelle.
Des noms de lieudits évoquent toute cette activité : la Minière, le Bois Minon, le Vieux Minerai, la Castinière, le Bocard, le Patouillet, le Marteau, le Fourneau, les Forges, etc.
Le Val d’Aubois devient l’une des plus importantes régions sidérurgiques françaises et une terre d’expérimentation technique et architecturale jusqu’à l’extinction progressive de cette activité entre 1860 et 1882.
Le relais est pris par les industries de la terre jusqu’à la grande crise des années 1930. Les argiles et les calcaires, ainsi que la proximité des canaux, permettent l’installation de tuileries-briqueteries mécaniques au sud et d’usines produisant de la chaux hydraulique et du ciment naturel au nord.
Parallèlement, la vallée est animée par des moulins et des minoteries, des entreprises diverses. Aujourd’hui quelques entreprises, notamment spécialisées dans les matériaux de construction (tuile, ciment) se maintiennent encore malgré le recul industriel. Le Val d’Aubois illustre bien la « voie française » de l’industrie qui se caractérise longtemps par la diversification des activités en milieu rural.

LES TRANSPORTS

Ils se sont organisés à partir des voies d’eau naturelles ou aménagées de main d’homme.

La voie d’eau a toujours été privilégiée car les chemins sont souvent peu praticables, d’entretien difficile sous les lourds chariots desservant les usines. Les relations avec les pays de la Loire, Paris et l’est de la France s’établissent d’abord par la Loire et ses affluents principaux. La Vallée de l’Aubois envoie bois, pierre de construction, chaux et ciment, minerai, fonte et fers marchands, échange des produits alimentaires et s’approvisionne en houille des bassins de Montluçon et de Saint-Etienne. Les volumes sont plus importants et la régularité assurée dès que les canaux sont ouverts au trafic.
Une branche du canal de Berry, allant de Fontblisse à Marseilles les Aubigny, ouverte à la navigation de 1837 à 1955, longe l’Aubois. Elle est reliée à l’usine de Torteron par le canal Saint-Louis encore visible. Au bord quelques façades gardent des inscriptions énumérant les fournitures vendues aux mariniers : cordes, bâches, articles de marine… et nourritures pour les animaux hâlant les péniches (foin, son, avoine) etc.
Le canal latéral à la Loire, construit entre 1827 et 1839, plus large et plus profond qu le canal de Berry permettait le passage de bateaux de plus grande capacité. A Marseilles les Aubigny, au point de jonction des deux canaux, un transbordement était nécessaire. Deux cales de radoub pour la réparation à sec des bateaux sont construites après l’agrandissement du port en 1865 (27000 m3 environ) et un chantier de construction de bateaux est installé vers 1907 par monsieur Desmoineaux.
Ce canal est encore ouvert à la navigation et un chantier de bateaux anime le village de Marseilles les Aubigny. La mairie entretient un musée (maquettes). Le port est conservé dans son ensemble et sa situation proche de la Loire en fait un site privilégié pour le tourisme nautique.
La voie ferrée Paris-Orléans-Bourges atteint La Guerche en 1849 où elle enjambe l’Aubois et le canal de Berry. Elle rejoint Nevers et est ensuite raccordée à l’axe Lyon-Nantes.
Une voie ferrée économique, reprise par la SNCF qui l’a mise à écartement normal, part de La Guerche et assure encore le transport de charbon jusqu’à Marseilles les Aubigny pour la cimenterie Calcia, en empruntant la vallée de l’Aubois.

LA METALLURGIE DU FER

Elle emploie à l’intérieur des usines des chargeurs, fondeurs, modeleurs, mouleurs, marteleurs, lamineurs, forgerons et des manœuvres, mais aussi, à l’extérieur, de nombreux mineurs, éclusiers, bûcherons, charbonniers, rouliers…

L’extraction du minerai est mécanisée à partir de 1854. L’enquête préfectorale de 1861 précise le nombre d’ouvriers : 1032 qui travaillent autour des hauts fourneaux actifs en Val d’Aubois. De 3 tonnes de fonte au 18ème siècle, la production journalière d’un haut fourneau passe à 19 tonnes en 1865.
A partir de 1821 Georges Dufaud, directeur à Fourchambault pour la famille Boigues, construit et dirige une « forge à l’anglaise » qui affine les fontes de Nivernais et du Berry. L’entreprise prospère et s’intitule Boigues-Rambourg et Cie entre 1854 et 1874, puis Commentry-Fourchambault. Elle domine toute la production métallurgique du Val d’Aubois et sera longtemps l’une des plus importantes fonderies françaises.
Cependant les établissements sidérurgiques ferment en 1860 et 1882, n’étant plus compétitifs à cause de l’épuisement du minerai et du prix de revient de la houille. Ils n’ont jamais produit d’acier.

LES BRIQUES ET LES TUILES
Une fois la sidérurgie éteinte, le relais est pris par l’industrie de la terre, par la fabrication de tuiles, briques et carreaux dans la partie sud du Val d’Aubois, à La Guerche sur l’Aubois et Sancoins.

Cette nouvelle activité bénéficie de la proximité et de la présence d’une main d’œuvre disponible mais les carrières d’argile, bien que de qualité, sont parfois loin des usines. En 1863, le Val d’Aubois comptait vingt neuf tuileries-briqueteries. Huit d’entre elles, à structure d’abord semi-artisanale et familiale, se sont industrialisées en faisant partie de grandes sociétés implantées à Bordeaux, en Charente et surtout en Saône et Loire. Cette mutation s’est traduite par la construction de grandes usines, l’adoption de la mécanisation et une production importante et diversifiée.
A côté des fabrications utilitaires destinées aux constructions industrielles (fours, ateliers) les catalogues annoncent des gammes d’ornements. Certains sont encore visibles sur les toitures, encadrent les fenêtres des maisons d’habitations et de nombreux bâtiments agricoles. Entre 1890 et 1930, faîtages, carreaux et autres décors de terre cuite ornent beaucoup de maisons du Val d’Aubois.

LA CHAUX ET LE CIMENT

Autre industrie de la terre, la fabrication de chaux hydraulique et de ciment naturel de type Portland a fait la renommée du bassin de Beffes. On en fait des enduits et mortiers très prisés pour la construction en milieu humide.

Vingt-cinq usines ont fait de cette région la seconde de France pour ce type de fabrication. En 1926, la production représente 14 % de la production nationale. Ces usines sont particulièrement nombreuses dans les communes de Jouet sur l’Aubois et de Torteron qui comptent chacune sept unités. Elles ont su tirer parti d’excellentes conditions :

  • un grand banc de calcaire de qualité homogène et facile à exploiter ;
  • une qualité du gisement (environ 20 % d’argile) fournissant une chaux pouvant durcir à l’humidité grâce à la proximité immédiate des canaux qui apportent le charbon et acheminent les produits ;
  • l’existence d’un groupement qui se fait autour de la marque réputée « Beffes ».
    Trop nombreuses, de tailles insuffisantes et n’ayant pas pris le virage du ciment artificiel, ces usines s’arrêtent victimes de la crise des années 1930 sauf l’usine Calcia de Beffes du groupe « Ciments français ». Cette activité a laissé un impressionnant héritage architectural et technique probablement unique en France.

L’HABITAT OUVRIER

Les maîtres de forges, à l’inverse de la plupart des autres patrons, ont toujours logé leurs ouvriers sur place et ont porté une attention particulière à l’habitat afin de fixer une main d’œuvre qualifiée et très mobile

Les patrons adoptent une nouvelle politique sociale dans le contexte de transformation de la sidérurgie à partir des années 1830. Ils font construire en dehors de l’usine, se soucient du confort et de la salubrité des logements et, plus largement, ils cherchent à encadrer l’existence des ouvriers. La forme privilégiée de l’habitat ouvrier est d’abord celle de l’appartement au sein de l’habitat collectif, système vite critiqué pour des raisons morales. La volonté de favoriser la famille conduit les usiniers à opter pour la maison destinée à un seul foyer en passant par des solutions intermédiaires.
Cette évolution du collectif vers l’individuel propre au monde de l’industrie au 19ème siècle en Europe occidentale est parfaitement illustrée par l’exemple du Val d’Aubois. Bien que ces logements aient été en partie détruits, remaniés, délaissés ou habités, ils restent suffisamment nombreux et évocateurs.

LES MODES DE VIE LIES AUX USINES

La vie de l’ouvrier et de sa famille est presque entièrement prise en charge depuis la naissance jusqu’à la mort, surtout dans les forges, d’une façon qui se veut « paternelle » (mot utilisé en 1828).

Les patrons assurent l’emploi et le logement, mettent des magasins à disposition, pourvoient à l’éducation, la religion, la santé, les loisirs. Cette politique sociale n’a vraiment concerné que Torteron, petit ville bâtie pour une grande usine : elle a nécessité une véritable organisation urbaine et la construction de bâtiments spécifiques. En contrepartie de cet encadrement social, la population doit obéissance. Cette conception d’une société idéale est battue en brèche par les revendications et les grèves pendant le Second Empire.
La Caisse de Secours Mutuels, fondée en 1854 par la société Boigues-Rambourg (intérêt versé de 5%) est alimentée par une retenue de 3 % sur les salaires, par une contribution égale versée par la société et par les amendes disciplinaires. Elle prend à charge des appointements de médecins, des frais de médicaments et de transports de bains à domicile, des frais hospitaliers ou de cures thermales, des frais d’apprentissage… des frais d’inhumation… et des distributions de boissons aux ouvriers pendant les chaleurs… Les dépenses de bienfaisance couvrent certains secours aux indigents et aux accidentés, des dépenses pour les écoles et l’église et pour les loisirs musicaux.

L’ARTISANAT
Moulins à eau et à vent, carrières, tuileries, briqueteries et fours à chaux constituent la trame d’une activité mi artisanale mi industrielle en Val d’Aubois depuis le Moyen Age.

Le développement industriel au 19ème siècle n’empêche pas leur nombre d’augmenter car leur clientèle est avant tout locale. Certains servent à la construction des châteaux et des domaines : d’autres fournissent des produits qui n’intéressent pas les usines, comme la chaux pour amender les terres trop acides : la réputation d’autres encore est bien assise, telles les carrières donnant la belle pierre de construction d’Apremont, Desjointes, Charly et Sancoins.
Les petits artisans sont nombreux dans les bourgs : maçons, charpentiers, charrons, sabotiers, cordiers, tisserands… Le vannier fournit les bannes pour transporter le minerai comme les paniers du marché. Les nombreuses bêtes de somme au service de l’industrie ont besoin des soins du maréchal-ferrant et du bourrelier attachés à l’usine ou installés dans le village.

LES INDUSTRIES CONTEMPORAINES

Les changements affectent d’abord l’énergie : la vapeur fait place au gaz dans les années 1920 puis à l’électricité qui triomphe dans la décennie suivante.

Les activités agroalimentaires se développent. Certains moulins deviennent minoteries. L’élevage de bovins et d’ovins sélectionnés et de chevaux de cours pour les hippodromes prend de l’importance, favorisé par l’assèchement des marais et étangs subsistants. Les silos à grains de la Champagne Berrichonne attirent les regards. Après 1870, la culture de la betterave amena l’implantation de sucreries et de distilleries. La distillation du bois (pour la chimie) réinvestit le site de La Guerche sur l’Aubois jusqu’en 1932.
A partir de 1898, les femmes de La Guerche sur l’Aubois ont trouvé un gain d’appoint dans les activités de cartonnage tandis que celles de Jouet sur l’Aubois confectionnent des objets en perles colorées. La production de carrelages et de faïences crée temporairement quelques emplois. L’établissement Soulat, fondé en 1917, a fabriqué des compteurs à eau, des minuteries et des circuits imprimés.
Aujourd’hui, des activités perdurent, souvent héritières d’emplacements anciennement occupés mais les impératifs de l’époque imposent des technologies adaptées.